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Tout seul sur la couverture !
( Quatre livres publiés, merci la poste ! )
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Je n’avais jamais imaginé pouvoir me faire un jour publier quand j’ai écrit ma première nouvelle, en été 2002. Non que je sois modeste ; mais l’écriture et la publication me paraissaient simplement appartenir à deux continents différents, séparés par un océan que seuls pouvaient enjamber de prodigieux personnages appelés écrivains.
Ce sont justement quelques écrivains rencontrés au hasard des remises de prix qui m’ont incité à tenter le grand saut (merci). Serge Brussolo, Henri Vernes et quelques autres m’en ont parlé comme d’une démarche très simple, très naturelle : “ Vous devriez vous faire éditer ”.
Mais ils ne m’ont pas dit comment. Je ne connaissais pas d’éditeurs, je ne connaissais même pas les éditeurs, je n’avais aucune idée de la façon d’entrer dans la citadelle. J’ai donc utilisé la méthode que tous les experts décrivent comme la plus désespérante, j’ai fait confiance à la poste.
Ainsi commença l’aventure de La Diablada. Pour aggraver mon cas, j’avais envoyé un tapuscrit ni fait ni à faire, un assemblage de nouvelles qui avaient obtenu leurs médailles en concours. Des nouvelles qui n’avaient aucune convergence, il y en avait qui parlaient de l’entreprise, d’autres de l’Amérique du Sud. Certaines étaient tendres, d’autres grinçantes. Il y avait même un conte et une nouvelle fantastique.
Quant à la qualité de rédaction, j’avais pensé que ce qui séduisait les jurés de concours devait être forcément assez bon pour séduire les lecteurs des maisons d’édition.
Et ça a marché. Enfin presque...
La première à me sortir du sac postal fut Anne Carrière, et ma gratitude éternelle lui est acquise. Mais elle m’a expliqué que “l’océan” ne se franchit pas si facilement. C’est avec elle que j’ai appris à composer un recueil pour lui donner quelque cohérence ; c’est avec elle et son équipe que j’ai appris à vraiment me relire : l’œil d’une éditrice comme Anne, ou celui de sa correctrice (merci Sophie !) est beaucoup moins indulgent que celui d’un organisateur de concours. J’ai dû beaucoup ré-écrire. Et heureusement. C’est en me faisant publier... que j’ai appris à écrire comme un écrivain. Résultat : ce recueil a obtenu le Prix Le Scribe “Place aux Nouvelles” (Lauzerte). Un prix de plus en plus apprécié dans le monde de la nouvelle.
Je garde un grand souvenir de cette aventure, et je souhaite à tous les auteurs primo-parturients d'accoucher de leur livre au sein d'une équipe aussi présente et attentive.
Quand il s’est agi des deux publications suivantes, Anne n’était pas emballée par mes nouvelles et mon roman ancrés dans l’entreprise, mais je souhaitais quand même les publier (avec son accord, bien entendu). Restait à savoir comment.
Puisque la poste marchait, j’ai continué.
L’expérience suivante fut celle de L'Étage de Dieu mon deuxième recueil de nouvelles, apporté au Furet du Nord par le facteur, une fois encore : c’était pour participer au Prix “Découverte d'un écrivain du Nord-Pas de Calais”, organisé par la Voix du Nord et le Furet du Nord. Le lauréat est co-édité par Le Furet du Nord et Jordan (Belgique). Un formidable encouragement, car ce prix offre à l'œuvre couronnée une forte mise en avant dans le réseau des douze librairies Furet du Nord, ainsi qu'un appui en relations presse et relations publiques.
Et le lauréat, c’était moi. L’Étage de Dieu est sorti en décembre 2006, avec un beau tirage (2.000 ex) pour une diffusion uniquement régionale : Nord - Pas-de-Calais et Belgique. Mais sur fnac.com aussi, ce qui facilite les choses.
Le Vertige des auteurs est mon premier roman, publié en janvier 07 par le Castor Astral. Encore un succès de la poste. Cette fois-ci, c'est Jean-Yves Reuzeau qui, le premier, a ouvert le sac postal.
Jean-Yves m'a fait découvrir l'Oulipo, dont il est l'éditeur et défenseur. C'est un peu intimidant. Mais on ne reste pas longtemps timide devant Jean-Yves dont la chaleur est très communicative.
Pour mon troisième recueil, j’ai fait des infidélités à La Poste : je suis directement allé déposer chez Anne Carrière quelques nouvelles qui montraient l’esprit de l’ensemble que j’avais en tête. Elle m’a dit oui, alors qu’il me restait encore à écrire la moitié des nouvelles. Le temps de faire un autre périple en Amérique du Sud, et “Qui comme Ulysse” était prêt. Toutes les nouvelles de ce recueil sont consacrées aux voyages. Il sort en août 08.
Je continue. Mon deuxième roman est terminé et paraîtra fin décembre 08 au Castor Astral. Je viens de finir mon premier roman policier. Je commence à écrire un quatrième roman. Et je continue à écrire régulièrement des nouvelles, pour reprendre mon souffle.
Bilan de tout cela ? C’est qu’il ne faut pas croire aux rumeurs. Il en est une triste, qui court chez les auteurs, selon laquelle on ne pourrait être édité que sur recommandation ou par la grâce de quelque mystérieux réseau. Cette rumeur a le mérite d'offrir un consolamentum aux auteurs évincés.
Désolé de les décevoir ou de les laisser espérer : mais si, mais si, on peut encore se faire publier en ne comptant que sur le facteur pour entrer dans la place. C'est simplement un peu plus aléatoire : au sein d'une même maison d'édition, un même manuscrit peut être détesté par une lectrice et porté aux nues par une autre (j'en ai fait l'expérience, une fois entré). Il faut tomber sur la bonne...
Et, pour se faire publier... il est vivement recommandé d’envoyer une œuvre qui soit prête à être publiée. On envoie toujours trop tôt ses manuscrits.
Est-ce que ces quatre livres ont des points communs ?
C’est une question aussi complexe que celle qu’on me pose parfois : “ Et ce que vous écrivez, en gros, c’est quel genre ? ” On la lance souvent avec un peu plus de circonlocutions, pour ne pas paniquer l'auteur. Mais on finit par lui pointer la question sur le bide : " Alors, en gros, c'est..."
C'est plutôt méchant, paraît-il. Féroce disent d'autres. Humour noir, disent les plus gentils. Je ne trouve pas. Et tous ceux qui me connaissent témoigneront que je suis un type craintif, tendre et triste. Je dois avoir un double, un anti-moi qui écrit sous mon nom dans un monde parallèle, un monde d'anti-matière.
Quelques univers qui m'intéressent : celui des voyages, celui de l'entreprise, celui des arts.
Quelques thèmes qui me fascinent : l'imposture, l'ascension, le pouvoir, la déchéance, le hasard, les chiffres, le jeu, l’impossible échange, le piège qui se referme, l’innocent, la folie. Et Dieu.
Et quelques auteurs auxquels je pense parfois, très poliment, en écrivant : Kipling, J.L.Borges, Marcel Aymé, García Márquez, Buzzati, Tchekov, F.S. Fitzgerald, Tourgueniev, Cortázar.
" Et votre style, c'est quel genre ? "
Le style a longtemps été mon frein à l'écriture. C’est si fragile, le style : il est comme l’élégance, il doit à peine se remarquer. Quand on lit Roger Vailland ou Gide, on se sent pataud. Je me contente donc d'écrire comme si je parlais, mais il m’arrive de parler comme si j’écrivais. Le résultat, c’est au lecteur d’en juger ; j’ai déposé, dans les pages suivantes, quelques extraits en guise de zakouskis.
Extraits de La Diablada
Extraits de L’Étage de Dieu
Extraits du Vertige des auteurs
Pour les extraits de Qui comme Ulysse, il faudra attendre un peu
Ces personnages parlent. Il suffit de passer la souris, sur Madame d’abord (hiiiii !), sur Monsieur ensuite.
Pouah, tu m’imagines, être léché par des millions d’inconnus ?
Avec tout ça, la poste pourrait faire un timbre en ton honneur !
G e o r g e s F l i p o , a u t e u r
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